The revers al day

DS n°98 – janvier 2006 – Khadidja Cissé

ITINÉRAIRE

D’UNE FOLLE JOURNÉE

Attention, déferlante d’un vent de fraîcheur sur les entreprises. Le « reversai day » bouscule les habitudes des PDG, DRH. et autres RRH. Vous ne connaissez pas encore ? Un jeu de rôle au boulot qui pourrait s’apparenter au scénario d’une folle comédie et pourtant…
La journée inversée au travail ou le « reversai day » (en VO dans le texte) suppose que tous les employés d’une même société échangent leurs rôles. Durant 24 heures, un incroyable jeu de chaises musicales s’opère. La secrétaire devient patron, le patron prend la place du comptable, le comptable s’improvise commercial. Troc de postes et de costumes, tout est chamboulé. Un « jeu » utile et enrichissant à l’entreprise selon les pratiquants ! Argumentaire.

Folle thérapie de groupe

Le reversal day s’inscrit dans une course à l’innovation sociale. « Les entreprises savent maintenant que pour bien fonctionner et maintenir une image positive, elles doivent prendre en compte le bien-être de leurs salariés », affirme Clotilde Lizion, directrice des opérations de Présence Psychologique. «L’existence même de notre cabinet de conseil en est la preuve, elles ont pleinement pris conscience de la nécessité de prendre en charge les collaborateurs au plan psychologique. Politique inconcevable il y a seulement dix ans », poursuit-elle. La journée inversée répond à une ouverture d’esprit, à l’apaisement des troupes et au renforcement de la motivation des salariés. « Elle permet à chacun de comprendre les contraintes liées à une fonction autre que la sienne, d’y remédier si la personne en a le pouvoir, ou d’être plus indulgent envers le collègue qui l’occupe », précise Philippe Neuville, directeur général de Présence Psychologique.

Attention, danger

Mais cette inversion des rôles ne pourrait-elle pas renvoyer à la fascination de pouvoir être un autre ? Si fascination il y a, elle ne doit concerner que le rôle de l’autre : « j’aimerais bien me glisser dans le costume d’un directeur » et non « j’aimerais bien être Monsieur Leduc, mon directeur », indique Clotilde Lizion. Plutôt déstabilisant comme situation finalement. « Changer de rôle nécessite d’y mettre de ses ressources personnelles, ce qui peut troubler en poussant à dévoiler des pans de personnalité qui auraient dû rester extraprofessionnels », conclut-elle. Le reversal day est une expérience de l’entreprise forte, mais fragile. Pour éviter de basculer dans l’absurde, deux conditions : primo, tenir compte des critiques de tout employé. Peu importe sa position hiérarchique. Afin, deusio, de faire de cette journée un nouveau point de départ pour procéder à des changements positifs, au sein de l’entreprise.
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